L'invention de la Vénus de Milo

TAKIS THÉODOROPOULOS

 

récit traduit du grec par Michel Grodent


Inscrit en catégorie : fiction 

 Takis Théodoropoulos est né à Athènes en 1954. Après des études de lettres et un séjour en France – il a notamment collaboré à Libération –, il a très vite publié ses premiers livres, en même temps qu’il exerçait la profession de journaliste culturel. Repéré comme l’un des chefs de file de la nouvelle génération des romanciers grecs, il nourrit son inspiration d’une solide culture antique. C’est le sujet du Paysage absolu, paru chez Actes Sud (1992), des Sept Vies des chats d’Athènes (Sabine Wespieser éditeur, 2003) et de Le roman de Xénophon (Sabine Wespieser éditeur, 2005). Également publiés en français, La Chute de Narcisse (Actes Sud, 1995) et La Folie de Midi (Métropolis, Genève, 2003). Aujourd’hui éditeur chez Océanida à Athènes, il est également chroniqueur pour Ta Néa, l’un des grands quotidiens grecs. Takis Théodoropoulos a publié en grec une demi-douzaine de romans et une pièce de théâtre.

Présentation de l'Editeur

Comment un marbre antique découvert par hasard dans le champ d’un paysan grec est devenu l’un des symboles de l’art occidental, c’est bien l’objet de l’enquête menée tambour battant dans ce récit très bien informé et plutôt iconoclaste.
Au printemps 1820, alors que se préparait le soulèvement du peuple grec contre le joug ottoman, et que les flottes de la marine anglaise et française se disputaient le contrôle de la Méditerranée après la chute de Napoléon, il y avait foule à Milo, petite île cycladique habituellement paisible : aussitôt que Yorgos Kendrôtas, soulevant les pierres de son champ, découvrit la statue, un jeune aspirant de marine, Olivier Voutier, nostalgique de l’empereur, accourut pour la dessiner. Il ne put s’empêcher de lui donner les traits de la femme de ses rêves, Catherine Brest, l’épouse du consul local… Quant à Dumont d’Urville, le futur explorateur de l’Océanie, occupé à herboriser dans l’île, il s’empressa de s’attribuer la découverte du marbre, qu’il voulait offrir à son roi, Louis XVIII. C’était sans compter sur le comte de Marcellus, secrétaire d’ambassade à Constantinople et futur secrétaire de Chateaubriand, qui lui aussi revendiquait le privilège d’avoir révélé au monde la célèbre statue. Les notables locaux ne restèrent pas en retrait.
Au cœur de ces imbroglios sentimentaux, politiques et diplomatiques, se pose la question de l’identité de la statue : grâce à la pureté et au mystère de ses traits, elle fut baptisée Vénus, mais jamais on ne retrouva sa main gauche, censée tenir la « pomme de discorde », preuve qu’elle était bien la déesse de l’amour…
À tout point de vue, la Vénus de Milo fut « l’invention » paradoxale que tout le monde attendait. Produit d’une sensibilité, elle contribua à créer un monde de valeurs dont nous sommes toujours les héritiers, à l’heure où triomphe la culture des musées. Takis Théodoropoulos, en spéculant sur la fascination exercée dans notre histoire culturelle par l’antiquité, démontre à nouveau qu’il est un conteur voltairien, dont l’ironie n’épargne aucun des acteurs, grands ou petits, impliqués dans l’histoire. Une histoire où rien, jamais, n’est arrivé par hasard.


mai 2008 – ISBN : 978-2-84805-064-5 - 224 pages – 14 x 18,3

Editeur : 

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